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Quoi de plus important que l’argent ?

Publié le 11 mars 2019 par Giorgia Marschall

En tant que spécialiste en recherche de cadres supérieurs, une question fondamentale revient habituellement dans nos discussions tant auprès de nos clients que de nos candidats : la rémunération.

Lors des premiers entretiens, la plupart des candidats avec lesquels nous nous entretenons nous font part de leur ouverture à considérer un niveau de rémunération inférieur selon la fonction et s’il s’agit d’une entreprise attractive, ayant de fortes valeurs et des projets intéressants.

Force est de constater que dans les faits, au moment d’apposer sa signature au bas du nouveau contrat de travail, cette « ouverture », en particulier lorsqu’il s’agit d’une diminution du salaire, n’est plus autant d’actualité. Même si cette situation est ponctuelle, il est intéressant d’en connaître les raisons.

Tout d’abord, l’image traditionnelle de la progression de carrière va de pair avec une évolution de la fonction, du salaire et du confort de vie. Cette image est tellement présente dans nos sociétés occidentales qu’accepter une rétribution moindre serait synonyme d’un retour en arrière. Ensuite, nous pouvons également citer la peur de ne pas être estimé à sa juste valeur, celle de sortir de sa zone de confort, et celle de faire des concessions sur des acquis.

En revanche, la majorité des candidats s’accorde sur le fait qu’au niveau professionnel, il n’y a rien de plus épanouissant que de s’engager auprès d’une entreprise et d’un projet qui ont du sens. Dans un monde idéal, cet engagement se concrétiserait avec un salaire plus élevé, des prestations plus intéressantes et un meilleur « work-life balance ». Cependant, la réalité du marché ne reflète pas systématiquement ce schéma.

Quelle option choisir ?

Rester dans son emploi confortablement payé, en œuvrant à la continuité de sa tâche ? Cultiver sa zone de confort et risquer de manquer une opportunité unique sans seconde chance ? Ou accepter un nouveau défi professionnel enthousiasmant pour un salaire inférieur, au sein d’une entreprise attractive, novatrice et ambitieuse, qui par exemple, écrit les premières pages de son histoire ? Cette seconde option demande du courage, de la détermination et une certaine prise de risque qui dépasse parfois la sphère individuelle. Un bon test de la présence du fameux « esprit entrepreneurial », trop souvent cité comme une qualité par les candidats.

Finalement, une des possibles évolutions de carrière est le courage de quitter son quotidien bien rémunéré pour faire le grand saut en acceptant une diminution de salaire. Le nouveau défi aura alors une conséquence positive sur la stimulation et la motivation du collaborateur. Une concession salariale initiale sera certainement compensée par sa satisfaction à avoir de nouvelles responsabilités, des projets innovants et par son adhésion aux valeurs de sa nouvelle entreprise. Et si l’entreprise grandit, cette concession aboutira également à une progression salariale à terme !

En définitive, la véritable « gratification » n’est-elle pas avant tout l’épanouissement personnel ?